Qui est Charlie ?

Salut, mes oursons en gelée !

Oui, vous avez bien lu le titre; la question n’est plus où est Charlie mais qui est Charlie. Pourquoi cette drôle de question, me demanderez-vous. Rentrons sans plus tarder dans le vif du sujet !

Dans cet article du Point (pas le plus grand des journaux, m’enfin, ça fera l’affaire), il est révélé que l’humoriste Stéphane Guillon est renvoyé de l’émission Salut les Terriens où il était chroniqueur. Que l’on aime ou pas Guillon (personnellement il me fait sourire – entre cyniques on se comprend – mais n’ayant pas la télé, je ne regardais pas ses chroniques), le problème ne réside pas tant dans ce fait divers que dans les raisons qui y ont conduit.

En effet, le bonhomme est bien connue pour son irrévérence, particulièrement à l’encontre de Vincent Bolloré, big boss (entre autres) du groupe Canal + et de son petit protégé, Cyril Hanouna (alias le mec qui fait survivre C8 à lui tout seul.)
Ce n’est pas la première fois qu’une telle histoire se produit et que Guillon est licencié sans cérémonial :

« En 2010, l’humoriste avait déjà vécu un limogeage extrêmement médiatique. Il avait été remercié de France Inter, tout comme le trublion Didier Porte. Un licenciement qui a été estimé « abusif » par la cour d’appel de Paris trois ans plus tard. »

Il est donc légitime de penser que son éviction est due aux propos que tient l’humoriste, comme lui-même le dit :

« La liberté de ton est une fois de plus le cœur du problème. Peut-on rire de tout et de tout le monde et s’arrêter quand cela touche aux intérêts du groupe qui vous emploie ? Je ne le pense pas, à moins de perdre toute crédibilité, de ne plus faire son métier. »

Plus encore, je dirais que le cœur du problème, c’est la liberté d’expression. A une époque où l’on défend fièrement les valeurs de la République et la liberté d’expression pour laquelle sont morts héroïquement les dessinateurs de Charlie Hebdo, il est tout de même paradoxal de licencier un chroniqueur qui a simplement le malheur de critiquer les décisions de son patron. D’autant plus lorsque parallèlement à cela, Hanouna, Némésis de Guillon, est protégé par la chaîne qui l’emploie malgré les multiples saisies du CSA, pétitions, plaintes, et j’en passe. Hanouna qui, je le rappelle, est régulièrement accusé (à tort ou à raison, vous êtes seul juge) d’homophobie, de machisme et d’humiliation publique.

La question que je me pose est donc la suivante : Si l’on vire quelqu’un pour avoir critiqué son patron, pourquoi garder un mec qui fait quotidiennement polémique quant à ses blagues souvent considérées comme douteuses ? Eh bien, la réponse est simple, mes enfants : Le pognon ! Selon cet article de Libération, l’émission Touche pas à mon Poste rapporte à elle seule 50 millions d’euros par an. Émission qui n’existe que grâce à Hanouna.

La leçon que je retiens de cette histoire, c’est qu’on peut tout dire et tout faire à condition de rapporter énormément d’argent. De plus, on pourrait penser qu’un humoriste resterait libre de rire de tout, mais visiblement, la réalité est quelque peu différente : il peut rire de tout SAUF de son patron. Et si vous pensez que ouiiiii, mais cracher dans la soupe c’est pas cool, tant pis pour lui, et tout, imaginons une situation où votre employeur vous vire parce que vous avez émis une critique quant à l’une de ses décisions que vous jugez contraire à l’éthique ou à l’intérêt des salariés. Je pense que vous seriez les premiers aux prud’hommes.

Bref, si vous êtes un fervent défenseur de la liberté d’expression et avez accroché à vos fenêtres ou sur votre mur Facebook des panneaux « Je suis Charlie », vous pouvez les arracher. Je crois qu’on s’est bien foutu de vous…

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Le Syndrome Connard

Salut les Smourbiffs !

Premier article suite à la redirection de ce blog (voir cet article pour plus de précisions.) Aujourd’hui, nous nous attaquerons à ce que j’appellerai le Syndrome Connard. Vous y avez tous été confrontés, vous en avez tous été victimes (moi le premier, mea culpa, mea maxima culpa) tout cela sans même y penser. Prenons un exemple simple : Un film vient de sortir au cinéma. Vous êtes allé le voir et avez détesté. Sur internet, vous voyez des gens encenser ce film. Diantre ! vous dites-vous (oui, vous parlez comme ça, vous avez du style et du panache, même quand vous jurez). Diantre, donc, ces gens ont aimé une telle bouse ! Ils sont forcément stupides et ont des goûts de merde ! Allons de ce pas leur faire remarquer que je détiens l’absolue vérité et qu’ils sont trop cons pour savoir ce qui est bon ! Et aussitôt dit aussitôt fait, vous vous fendez d’une magnifique tirade parsemée d’insultes plus ou moins cachées. Immédiatement, ça ne manque pas, les gens vont venir se défendre (ce qui est bien normal.) Sauf qu’au lieu de se défendre en argumentant, en expliquant pourquoi ils ont aimé ce film, en vous questionnant pour que vous développiez votre point de vue, ils vont vous insulter et vous dire que si vous n’avez pas aimé, c’est que vous vous avez des goûts de merde, ne comprenez rien au cinéma ou bien que vous êtes trop stupide pour saisir le génie du film. Résultat des courses : Des insultes échangées, parfois sur des dizaines de commentaires, pour qu’au final, vous et vos adversaires campiez sur vos positions. Le débat aura été stérile, et vous aurez perdu deux heures de votre vie.

Vous pouvez inverser les rôles ou imaginer un autre contexte que le cinéma si vous préférez, mais le fait est qu’on a tous connu ce genre de situation et qu’on s’est tous prêté au jeu. Mais qu’aurions-nous pu faire pour sortir grandis de cet échange ? Je ne prétends pas apporter LA solution, mais imaginons qu’au lieu de descendre les gens qui ont aimé le film, vous descendiez le film en lui-même, avec arguments, et surtout : avec respect pour les gens qui eux, ont aimé ce film. A l’inverse, les valeureux défenseurs du film qui sont tombés à votre niveau (depuis tout à l’heure je dis « vous » mais c’est juste pour la démonstration, hein, je ne vous accuse pas directement. Même si je vous ai à l’œil, petits fifrelins…) ne valent pas mieux. Peut-être aurait-il mieux valu qu’ils répondent à vos provocations par un argumentaire construit défendant le film et en vous demandant d’étoffer vos propos, sans quoi votre discours ne vaut rien. Et là, à moins que vous ne soyez un troll des cavernes niveau 99, vous allez développer, ce qui amènera à une discussion qui sera peut-être enrichissante pour vous comme pour les autres. Peut-être vous direz-vous « ah oui, c’était pas si mal, tel ou tel élément, c’est vrai », ou peut-être eux se diront-ils « c’est vrai que ça et ça c’était assez maladroit, je ne l’avais pas vu. »

Pourquoi ce besoin constant d’écraser les autres, de les dénigrer, de les humilier, de se montrer supérieur ? Apporter une réponse précise est difficile, mais nous pouvons formuler des hypothèses. Est-ce la société qui nous façonne ainsi, à force de nous demander d’être de plus en plus compétitifs et impitoyables ? Peut-être sommes-nous tellement écrasés par le stress quotidien, par un job que l’on déteste et où on se sent dévalorisés, par notre sentiment d’impuissance face à l’actualité ou à la politique, que l’on ressent le besoin d’écraser les autres pour nous sentir exister ? Peut-être qu’on ne nous apprend plus suffisamment le respect ni l’esprit critique. Peut-être qu’on donne trop d’importance à l’ego. Peut-être aussi que l’anonymat fourni par internet donne du courage à ceux qui, autrement, n’oseraient pas s’affirmer. Ça peut sembler une bonne chose, et pourtant, la façon dont on s’affirme derrière son écran est souvent bien négative. Il ne s’agit pas d’oser exprimer son avis, mais de rabaisser les autres pour se sentir supérieur. Nul doute que si on pouvait manger un marron dans la tronche au travers d’un écran, les commentaires offensifs de ce genre se feraient bien plus rares (et oui, je viens de faire l’apologie du marron dans la tronche, et j’assume.)

Ce qui est paradoxal, c’est que si en apparence on cherche le conflit, on a aussi tendance à le fuir comme la peste (le conflit, hein.) Qui d’entre nous n’a jamais soigneusement évité de parler politique ou religion avec ses proches ? Qui n’a jamais masqué les publications d’un ami sur son réseau social parce qu’il partageait des idées opposées aux nôtres ? Quand il s’agit d’inconnus sur internet, pas de problème pour aller fièrement guerroyer, mais quand il s’agit de nos proches, on n’ose plus du tout l’ouvrir. Pourquoi ? Une discussion sur de tels sujet doit-elle forcément entraîner un conflit qui risquerait de briser une relation ? Là encore, pourquoi ne pas imaginer une discussion saine et empreinte de respect qui déboucherait, peut-être pas sur l’une ou l’autre partie qui changerait d’avis, mais au moins sur un enrichissement mutuel ? Même si on ne fait pas changer d’avis son interlocuteur, il est toujours bénéfique de comprendre pourquoi il raisonne ainsi et réciproquement.

Je sais que c’est une chose difficile à faire, car nous sommes dans cette dynamique qui veut que l’on écrase les autres sans chercher à se mettre à leur place, mais je vous propose un petit exercice. La prochaine fois que vous hanterez internet comme une âme en peine (et ne mentez pas, vous le ferez très rapidement, vils fripons !) avant de commenter quelque chose, essayez de vous mettre à la place des autres. Après tout, derrière ces pixels, ce sont des êtres humains, comme vous et moi, dotés des mêmes qualités et des mêmes défauts. Essayez de les questionner afin de les comprendre, essayez de vous justifiez à l’aide d’arguments pertinents plutôt qu’à grands coups d’insultes ou d’humiliation. Et avant de cliquer sur « envoyer », vérifiez que votre commentaire soit poli et respectueux, même envers les pires trolls des confis de la galaxie. Peut-être qu’internet ne sera pas une endroit plus agréable de manière perceptible, vu la vaste majorité de victime du Syndrome Connard, mais au moins, vous pourrez être fier de contribuer à améliorer la communauté à votre échelle. Sois le changement que tu voudrais voir dans le monde, comme l’a un jour dit Gandhi.

Si vous vous prêtez au jeu, n’hésitez pas à me faire part de votre expérience dans les commentaires. De même, si vous avez vos propres théories sur le pourquoi de ce manque de respect, ou sur les solutions possibles, n’hésitez pas à partager. Enfin, si vous êtes un troll des cavernes niveau 99, c’est aussi dans les commentaires que ça se passe, mais bon, quand même, c’est un peu triste, vous devriez faire quelque chose de votre vie.

Sur ce je vous laisse ; j’ai entendu des gens dire que le nouveau film La Momie était un chef d’œuvre incompris, je me dois d’aller leur faire remarquer qu’ils sont trop cons et qu’ils n’ont rien compris ni au cinéma ni à la vie !

Changement de direction

Salut les p’tits loups !

Voici un petit article pour annoncer un changement important dans la ligne directrice de ce blog (y’a pas, hein, je déteste toujours ce mot…) Récemment, je me suis demandé pourquoi tenir un blog. Les raisons sont multiples, mais la plupart du temps, il s’agit de partager, d’apporter quelque chose aux autres. Alors je me suis demandé (encore) ce que le mien, de blog, apportait à ses lecteurs. Plus important, je me suis demandé ce que moi je voulais apporter aux autres. Lorsque j’écris romans, novellas ou nouvelles, je cherche, hormis le divertissement, à inciter les lecteurs à réfléchir sur des sujets qui me tiennent à cœur et, grâce à la transposition dans d’autres univers, à tirer des conclusions sur le monde qui nous entoure, le tout en passant un bon moment.

Alors pourquoi ne pas faire pareil sur ce blog ? Pourquoi ne pas partager mes idées sur ce blog afin d’inciter les lecteurs à réfléchir et à se forger leur propre opinion sur tel ou tel sujet, le tout dans l’espoir peut-être un peu grandiloquent d’améliorer la communauté internet et, pourquoi pas même, l’espèce humaine, un individu à la fois ? Je ne donnerai aucune leçon de morale ni aucune ligne de conduite (ça c’est le job de l’église), je vous inviterai simplement à réfléchir par vous-mêmes sur des sujets qui me paraissent importants, avec pour but l’échange et la discussion en vue de l’un l’autre s’enrichir intellectuellement ou émotionnellement. Ce faisant, j’espère que vous comme moi en sortirons plus intelligents, plus instruits, ou plus heureux, même. Bref, que nous serons de meilleurs êtres humains. Ce qui n’enlèvera pas le côté cynique et ironique de ce blog, attention (après tout, c’est dans le titre, zut, quoi !)

J’essayerai de poster tous les mercredis, à voir si je tiendrai ce rythme. Si le concept vous intéresse, n’hésitez pas à vous abonner afin d’être tenu(e) informé(e) des futurs articles !

A bientôt, bande de gens !

Comment qualifier votre candidat en 5 étapes

Salut, les p’tits loups !

Comme vous le voyez 24h sur 24 en ce moment à la télé et sur les internets, ce sont les élections présidentielles françaises, et aujourd’hui je vais vous révéler les arcanes ultimes de l’art subtil de la politique. Mettons que vous soyez un industriel, financier, banquier, peu importe tant que vous êtes milliardaire et puissant. Mettons que vous vouliez placer à la tête d’une superpuissance internationale un candidat totalement acquis à votre cause, mais sans qu’on le sache, un peu comme une taupe politique. Voici la méthode à suivre point par point. Vous êtes prêts ? Attention, c’est très très subtil, accrochez-vous.

Commençons par présenter les différents candidats en lice, ou du moins les principaux. Les autres sont juste là pour faire de la déco et ne représentent qu’une menace (et donc un atout) négligeable pour vous. Nous avons donc Vieil Escroc, Predator Camouflé, Gentil Simplet, Gauchiste Rebelle et enfin Larbin Financier. Ok, vous êtes prêts ?

  1. Choisir avec soin son candidat. Ici, vous choisirez Larbin Financier. Vous l’avez placé là où il est quand bien même il n’avait aucune expérience, alors il fera ce que vous lui direz, obéissant au doigt et à l’œil, tant que vous lui laissez quelques miettes (que sont quelques malheureux millions d’euros pour vous, après tout ?) Vous investirez toutefois (vous ou vos copains) dans les autres candidats, d’une manière ou d’une autre. Ici, contrairement au tiercé, on peut miser sur tous les chevaux en même temps, alors faites-vous plaisir.
  2. Démontez un premier candidat à grands coups de médias dans la tronche. Ici, Vieil Escroc est le plus qualifié, et il prendra ce coup bas avec noblesse et droiture, comme le grand homme qu’il est. Trouvez une vieille histoire de corruption (que vous aurez pris soin de vous-même lancer plusieurs années auparavant, fieffé coquin que vous êtes) et bombardez-la sur tous les médias, du genre grosse révélation : Vieil Escroc est un vieil escroc. Diantre. Demandez-lui toutefois de rester dans la course quand bien même il avait déclaré que la seule chose qui le pousserait à se retirer, ce serait si son honneur était entaché. Crédibilité garantie, avec ça. Prenez soin de ne surtout pas mentionner les éventuelles zones d’ombre concernant la campagne et les magouilles perso de votre candidat. Un seul pourri ça suffit.
  3. Démontez politiquement un deuxième candidat. Ici, c’est Gentil Simplet qui sera sacrifié, et de l’intérieur, qui plus est. Vous avez de bons copains placés chez lui, qui s’occuperont de torpiller sa campagne. Assurez-vous que tous ses alliées le lâchent comme une merde et appellent à voter pour VOTRE candidat. C’est un peu comme un footballer qui marque un but contre son camp sans que l’arbitre siffle mais chut, c’est tactique. Comme pour Vieil Escroc, demandez à Gentil Simplet de ne surtout pas se retirer. Sa campagne a été plus torpillée qu’un U-boat en 44, son parti le renie alors que c’est contraire à leur propre règlement, mais peu importe. Il DOIT rester en course. Le but de la manœuvre est d’éviter que les quelques personnes qui auraient voté pour lui choisissent Gauchiste Rebelle à la place.  Si tel était le cas, ce dernier risquerait de dépasser Predator Camouflé, et ça, c’est pas cool pour vous, Gauchiste Rebelle étant le seul candidat (parmi les principaux, du moins) qui refuse de se soumettre à votre contrôle total, le vil sacripant crypto-communo-illuminati !
  4. Normalement, à ce stade, votre candidat est qualifié au second tour, avec le tapis rouge que tout le monde lui déroule depuis des mois. Si vous avez finement joué votre coup, il se retrouvera face à Predator Camouflé. Faites passer cette dernière pour une nazi en passe d’instaurer le 4eme Reich et de détruire l’unité Républicaine (à ce moment-là, les gens devraient se demander pourquoi ce parti est autorisé en France s’il est aussi horrible, alors rebalancez un gros scandale pour noyer le poisson.) Demandez à Predator Camouflé de tenir des propos vaguement racistes (mais pas trop non plus), et de choisir quelqu’un pour la remplacer à la tête de son parti pour qu’elle se concentre sur sa campagne. Les gens se demanderont pourquoi elle ne se retire que maintenant, mais pas pour longtemps ; déjà un autre scandale arrive : le nouveau président du parti aurait tenu des propos vilains pas beaux y a dix ans. A l’époque tout le monde s’en foutait mais aujourd’hui ah non hein, ça va pas ! Le but est que Predator Camouflé perde quelques voix au profit de votre candidat. Demandez-lui aussi d’appeler les électeurs de Gauchiste Rebelle à voter pour elle, ça devrait les énerver suffisamment pour qu’ils choisissent votre candidat à la place.
  5. Votre candidat appelle maintenant à « faire barrage » au 4eme Reich. Predator Camouflé appelle à « faire barrage » à la haute finance qui trahit la France et les valeurs françaises de la France des français bien français. L’avantage avec tous ces barrages, c’est qu’on produira assez d’électricité pour alimenter la moitié de l’Europe.

Avec tout ça, votre candidat devrait être élu avec une écrasante majorité, même en cas de fort taux d’abstentionnisme tellement les gens sont dégoûtés de devoir choisir entre le sida et le cancer. Mais vu que ni les votes blancs ni l’abstention ne sont pris en compte, tout va bien.

Et de toute façon, si c’est Predator Camouflé qui est élu, vous pourrez quand même lui dire de fermer sa gueule et d’obéir, parce que c’est vous qui tenez les rênes de la finance, wesh alors, tu peux pas test.

A une prochaine fois pour une nouvelle leçon de politique !

Troadec ective

Salut, les p’tits roudoudous ! Ça fait longtemps que je n’ai rien publié. J’vous ai manqué ? Non ? Vous non plus, ça tombe bien ! Bon, trêve de politesses, passons aux choses sérieuses ! Si vous suivez un peu l’actualité, vous n’avez pas pu manquer la terrible affaire Troadec. Alors oui, j’arrive un peu après la bataille mais hein, ça ne veut pas dire que je ne peux pas piller les moribonds tel un vieux rat pour me faire un peu d’or.

Recontextualisons l’histoire : Le 16 février de l’an de grasce 2017, dans la belle région de Nantes, au royaume de Bretagne, une famille entière disparaît mystérieusement sans laisser de trace… Le drame ne rappelle que trop douloureusement l’affaire Dupont de Ligonnès… À la différence de cette dernière, toutefois, les soupçons se portent non pas sur le père mais sur le fils. Pourquoi donc ? Quels éléments ont permis à la noble maréchaussée d’ainsi braquer leurs projecteurs sur Sébastien Troadec, 21 ans ? Demandons à l’Express.

« L’enquête semble s’orienter sur la personnalité du fils, dont la voiture a disparu, alors que celles de ses parents ont été placées sous scellé. De source policière, il avait proféré des menaces de mort sur un blog en 2012. »

Hahaaaa ! Son véhicule a disparu ! C’est d’autant plus louche que seul le propriétaire légitime et nul autre peut le conduire ! Mais plus important : le jeune avait menacé quelqu’un via un blog… Quel monstre ! Heureusement que la police ne patrouille pas sur les commentaires Facebook, les forums de Jeuxvidéos.com ou encore League of Legend (véritable repaire de sociopathes) car ils feraient des rafles à en faire pâlir le Führer lui-même, au vu des injures et autres menaces en l’air. Mais ce n’est pas tout :

« Sur Twitter, le jeune homme semblait en vouloir à son père. « Punaise hier de 2h du mat a 20h mon père gueuler j’arrêter pas dlui dire ‘ferme ta gueule’ il continuer à brayer », écrivait-il en 2013, ou encore « Mes parents gueule tout le temps et boivent ». »

Damned, un jeune en conflit avec son père ! Graine d’assassin, va… Tout le monde sait qu’un ado qui s’engueule avec son père finira par le tuer. Et même pire :

« Visiblement déprimé, il écrivait la même année: « ‘Putain’ vivement ma mort, la vie me saoûle », ou « Si ont savait ce qui se passer réellement dans ma tête ont me prendre pour un fou sans morale » (sic). »

« la vi c tro dla merde », comme ont dit 95% des ados lors de leur crise existentielle. De là à passer toute sa famille à la sulfateuse, il n’y a qu’un pas que les médias ont tous franchi avec la délicatesse d’un Panzer dans un jardin d’enfants. Terminons avec un article de LCI :

« [En mars 2013], il avait répondu à une question du site Askfm.com où on lui demandait : ‘Où te vois-tu dans cinq ans ?’. Sa réponse : « Mort… « .

Plus troublant encore. Dans un message posté sur Twitter en septembre 2014, Sébastien avait écrit : « #Dans30AnsJeSuis mort depuis 27 ans ». »

Et voilà que tombe le couperet de la culpabilité sur le cou du jeune homme. Il se sent mal et dit vouloir mourir, tel le pote gothique un peu relou qui parle tout le temps de trucs macabres jusqu’à ce que ça lui passe en même temps que son acné. Pour les médias, le verdict est clair : Sébastien a tué toute sa famille avant de se donner la mort. Merci, braves journalistes à la déontologie irréprochable, merci de n’avoir transmis que les faits et rien que les faits plutôt que de verser dans le putaclic sensationnel. Merci de…

Oh, attendez, on me glisse à l’oreillette que l’assassin était en fait le beau-frère de la famille et que Sébastien est en fait une victime innocente. Oubliez tout ce que j’ai dit, les médias c’est d’la merde…

 

Justice sociale

Ami lecteur, amie lectrice,

Si tu disposes d’un Facebook ou tout autre nid à emmerdes réseau social, tu as probablement vu ton mur, ta timeline ou que sais-je, inondé de publications à propos de l’attentat de Nice du 14 juillet (et si non, tu dois probablement vivre dans une caverne. Ne la quitte surtout pas.)

Jusqu’ici tout va bien (mis à part le côté pathos à fond/racisme/complotisme judéo-parano/appropriation politique – rayer la ou les mentions inutiles.) Là où les choses se gâtent, c’est quand les Justiciers des internets se mêlent de la chose. Pour résumer la situation, donc :
– Attentat au camion dans la foule, coups de feu, panique.
– Quatre personnes tentent de se réfugier dans un restaurant local.
– On leur refuse l’entrée.
Ces personnes, plutôt que de porter plainte, s’expliquer avec la patronne du restaurant ou tout autre chose sensée à faire une fois la panique terminée, vont alors préférer porter sur ledit restaurant et son personnel la bonne vindicte populaire au moyen d’un post Facebook rageur invitant au boycott en vue d’une fermeture définitive et d’une vie ruinée. Rien que ça. En conséquence de quoi la patronne de l’établissement reçoit moult appels et mails de menace venant de courageux inconnus désireux de faire tomber la justice sociale sur la tête de cette lâche personne. On la traite de collabo entre autres joyeusetés, et qui ne rêverait pas de voir la tête de cette femme tondue pour ses crimes ? Ah, merci à toi, courageux Justicier des internets, toi qui, tel un Charles Bronson empli de bonnes intentions, venges la grosse frayeur qu’ont connu ces quatre personnes refoulées. Sois loué, noble guerrier 2.0 au grand cœur, grâce à toi justice est rendue par le harcèlement et l’insulte, quelle condamnation exemplaire et surtout efficace ! Car chacun sait qu’en France, vu que la justice elle est toute pourrie (ok, celle-là je dois te la concéder) il faut faire justice soi-même. Oui, simplement en se basant sur la déclaration d’une quelconque anonyme, avant même que les faits ne soient corroborés par des sources fiables, sans chercher à en savoir plus et encore moins (grands dieux) à connaître l’autre version de l’histoire. Grâce à toi, farouche Berserker virtuel, je vais pouvoir me débarrasser des mes rivaux et concurrents en les traitant publiquement de nazis, tueurs de chats et autre pédophiles, et aussitôt ils connaîtront les foudres de la justice divine.

Et peu importe que cette infâme restauratrice se soit expliquée publiquement et, si on l’en croit, qu’elle eût 1) abrité plus de deux cents personnes dans son établissement lors de l’attaque et 2) obéi aux directives de la police et du RAID en verrouillant ses portes. Peu importe de savoir si elle dit la vérité ou tente simplement de sauver de la ruine son établissement désormais honni. Car tu détiens la vérité absolue, celle qui te permet de pourfendre le criminel impuni de toute la puissance de ton glaive turgescent divin tout en étant protégé par le masque de l’anonymat, tel un Batman en goguette (bah oui, faudrait pas que de jouer les justiciers ça ait des conséquences négatives sur ta vie, non mais.)

Je te remercie, honorable Samouraï Social, grâce à toi je me sens un peu plus en sécurité.

Attentats, état d’urgence & autres joyeusetés de bon matin

Hier soir, la sauvagerie a encore frappé. Elle a frappé Nice, mais cela aurait pu se produire n’importe où. C’est bien le propre du terrorisme, nous faire penser que personne n’est en sécurité nulle part. Hier soir, la sauvagerie a encore frappé, et aujourd’hui tout le monde prie pour Nice.
Pourtant, il y a seulement trois mois, 148 morts étaient à déplorer à Tartous et Jablé (Syrie). 148 morts, et pas un mot sur les rézoscio, pas un « Je suis Jablé », pas un « Pray for Tartous », rien. J’en viens donc à me demander : la vie d’un Français vaut elle plus que celle d’un autre ? La compassion est-elle réservée aux nôtres et à nos pays frontaliers ? Si oui, alors toutes ces années on m’a menti, lorsque la République, les philosophes, le peuple, me tenaient de grand discours humanistes. Si non, alors nous ne sommes que des putains d’hypocrites.
Et pendant ce temps là, le président déclare que l’état d’urgence, qui devait prendre fin au 26 juillet, serait maintenu. Ben voyons. L’état d’urgence, le truc qui permet de restreindre les libertés du peuple en interdisant manif & rassemblements ou en assignant à résidences zadistes, écolos & autres syndicalistes, mais qui, étrangement, ne permet pas d’empêcher les attentats ? Oui, bon lecteur, bonne lectrice, celui-là même. De là à dire qu’on nous prend pour des tanches et qu’on profite de l’horreur d’une tragédie pour nous la mettre un peu plus profond, il n’y a qu’un pas que je franchis avec l’allégresse d’un Valls un jour de corrida.
Les plus complotistes d’entre vous argueront même que le gouvernement prend volontairement des mesures inefficaces contre les terroristes potentiels histoire qu’un petit attentat vienne détourner l’attention en période de trouble social/élection/passage en force de loi (rayer les mentions inutiles) mais ce serait dire bien du mal des politiques qui nous protègent. Et ça, que vous ayez tort ou raison, c’est mal. Bande de fifrelins.
Mes condoléances aux familles des victimes.
Je vous souhaite une bien belle journée.

Un bien triste jour en France

Lecteur, lectrice, c’est un bien triste jour pour le Royaume de France. Les cieux se couvrent de nuages aussi noir que le désespoir ; une pluie diluvienne s’abat sur la terre tel un torrent de larmes versé par les dieux ; dans chaque maisonnée résonnent les lamentations des bonnes gens et le cris des enfants.

« Je sais », vous exclamez-vous, « c’est à cause de la Loi Travail qui est passée jeudi à grands coups de 49:3 ! »
« Nenni, vil communiste ! Retourne donc à ton travail et augmente la croissance nationale de notre Glorieuse Patrie ! »
« Je sais », lance votre ami, « c’est à cause des attentats en Syrie ! Tant de morts, tant de blessés, quelle atrocité ! »
« Que non point, vil humaniste ! Je suis Paris, Bruxelles, pas Damas ! »
 » Les policiers américains tués ? » reprenez-vous.
« Allons, chacun sait que le Français moyen est anti-flic ! »
« Bah quoi, alors ? » criez-vous en chœur.
« Eh bah… Le foot, sacrebleu ! La France a perdu en finale ! »

Oui, lecteur, lectrice, tu as bien lu. Le foot, cœur de toutes les passions. Le foot, noble sport qui célèbre le fair play et la fraternité. Le foot, business qui brasse des milliards d’euros en fraude & autres malversations divertissement préféré du peuple. Et la défaite, comme indiqué dans cet article, sonne le glas de tous les espoirs de l’humanité. (Oui, je sais, taper sur les infos d’Orange, c’est à peu près aussi facile que voler sa cane à Gilbert Montagné, mais ça ne veut pas dire que c’est interdit de le faire.) Alors c’est parti !

-Consternation-

[…]

Le but d’Eder en prolongation a achevé d’éteindre les espoirs tricolores. On encourage encore les Bleus mais à Paris, Nathan et Mathieu n’y croient plus: « Il reste 5 minutes c’est mort », lâche le second, âgé de 27 ans.

A Marseille, l’ambiance se refroidit d’un coup et certains n’attendent même pas la fin pour quitter la fan zone. Au coup de sifflet final, les bars du Vieux-Port qui retransmettaient le match se vident eux aussi en quelques minutes.

Retenez bien ce terme, les enfants : Consternation. C’est le maître-mot de l’article. Article qui, d’ailleurs, ne se contente pas de nous annoncer une nouvelle (la France a perdu, un doigt dans l’cul) mais recueille moult témoignages éloquents de… Heu… Gens… Et joue à fond la carte du pathos, parce que l’information, oui monsieur, mais jamais sans émotion ! C’est ça, le travail d’un journaliste, récolter le ressenti d’anonymes au hasard de son imagination des rues ! Notez bien, également, tout le fair play du supporter qui, voyant son équipe en déroute, fuit la place tel un Napoléon en plein Bérézina, là où d’aucuns s’attendraient à ce qu’il assiste à la victoire adverse en honorable perdant. Car il est comme ça, le supporter, il regarde le match pour la beauté du sport, pour la dureté de la compétition, pour vibrer avec son équipe dans la victoire comme dans la défaite, pas pour simplement gagner. Mais poursuivons un peu, si vous le voulez bien.

Les Français le désiraient avec ferveur, ce triomphe en finale. Une « victoire, pour le moral », après une année marquée par les attentats, comme le résumait Brice Ngando, 21 ans. « Cela n’effacera pas les mauvais souvenirs de 2015 mais ça nous fera avancer un peu… ».

Une victoire de football, voilà bien qui va balayer les attentats et toute la misère du monde ! Mieux, cette victoire va permettre au bon peuple de France d’avancer ! Je vois déjà les familles des victimes, jusqu’ici en pleurs et dévastées (n’oubliez pas, les enfants, le pathos !) se relever et hurler de joie pour la victoire des bleus. Je les vois se dresser fièrement et reconstruire leur vie, ayant compris grâce au foot qu’il était temps de tourner la page et de laisser le passé à sa place. Mais au lieu de cela, voilà que leur moral s’abat plus encore, car à leur existence déjà brisée, s’ajoute désormais la défaite de la France à l’Euro 2016. J’imagine déjà les vagues de suicides chez les familles des victimes suite à cette nouvelle tragédie.

A la fin de la rencontre, c’est la consternation et l’abattement. Assis sur un banc, enveloppé dans son drapeau tricolore, Olivier Zanetti a le visage fermé. « La déception est trop forte pour qu’on aille faire la fête ».

Ah, revoilà le maître mot, consternation. Vous comprenez un peu mieux le pourquoi de ce terme, maintenant ? En tout cas, chez le supporter français, la « déception est trop forte » pour faire la fête. Je comprends tout à fait. On raconte qu’Hitler aurait tenu les mêmes propos dans son bunker perso tandis que l’équipe adverse marquait but sur but à Berlin lors de l’Euro 1945. Seuls les Irlandais sont capables de festoyer après une défaite. M’enfin, les Irlandais, quel prétexte ne trouveraient-ils pas pour se beurrer la gueule dans l’espace public, me direz-vous. Pendant ce temps-là, chez le supporter français :

A Mâcon, fief d’Antoine Griezmann (le buteur star de l’Euro 2016, ndla; oui j’précise parce que je ne savais pas non plus, avant d’effectuer une recherche), le sacre du Portugal a été accueilli par les huées et les sifflements des quelque 5.000 supporters réunis dans une salle d’exposition où était retransmis le match. « On est dégoûté, on est triste, on ne comprend pas, on y croyait », déclare Loïc, 21 ans.

Voilà, ça c’est du fair play, ça c’est du jeu, huer et siffler l’adversaire victorieux, comme en 40, ma bonne dame ! Et puis d’abord, depuis quand les Portugais savent faire autre chose que construire des murs, hein ? Depuis quand ils gagnent le foot ? « On y croyait », à la victoire de la France, merde ! Ils étaient censés perdre, ces foutus portos, « on ne comprend pas » ! D’ailleurs, à ce propos…

« Elle était pour nous la finale, on méritait largement de gagner », renchérit Clément, 22 ans, au bord des larmes. Mais à ses yeux, Griezmann n’a pas démérité: « On est fier de lui et on sera toujours présent pour lui ». Par exemple « pour la Coupe du monde en 2018 »

Ah, plus de pathos encore ! Et attention monsieur, on « méritait de gagner », dixit Clément Jaipasdenomdefamille. Car oui, la victoire, ça se mérite tout au long de la compétition, ça n’a rien à voir avec battre son adversaire en finale. Pis d’abord, les Portos, ils sont arrivés en finale tout comme nous, mais eux, ils méritaient pas de gagner, parce que tu vois, Griezmann il a été élu meilleur joueur de l’Euro et pas Eder ! Alors oui, lors de la finale il n’a marqué aucun but, mais merde, quoi, on méritait de gagner. En plus on jouait à domicile.

Si avec tout ça vous n’avez pas compris que le foot est un noble art et que le supporter est un homme (parfois une femme, malheureusement) empli d’honneur et de respect, je ne peux rien faire de plus pour vous !

Eh bien, me voilà !

Eh bah, si on m’avait dit que j’ouvrirai un jour un blog (dieux que je hais ce mot) !

Je ne sais pas trop s’il sera mis à jour régulièrement, mais hein, chaque chose en son temps. Ce qui est sûr, c’est que tu y retrouveras, aimable lecteur, aimable lectrice, mes commentaires sur des sujets d’actualité ou des thèmes divers & variés. Et vu le nom du bousin, tu imagines bien que ce ne sera rien de tendre ou de gentillet !

Bon, c’est pas le tout d’ouvrir un blog (quel mot dégueulasse, vraiment), encore faut-il y ajouter du contenu ! Le premier article arrive dans quelques minutes, jeune impatient(e) !

En attendant, rien ne t’empêche de me suivre histoire d’être tenu(e) au courant de la suite des événements (oui je te tutoie, j’suis comme ça, moi, internet ma gueule.)

Bonne visite !