Qui est Charlie ?

Salut, mes oursons en gelée !

Oui, vous avez bien lu le titre; la question n’est plus où est Charlie mais qui est Charlie. Pourquoi cette drôle de question, me demanderez-vous. Rentrons sans plus tarder dans le vif du sujet !

Dans cet article du Point (pas le plus grand des journaux, m’enfin, ça fera l’affaire), il est révélé que l’humoriste Stéphane Guillon est renvoyé de l’émission Salut les Terriens où il était chroniqueur. Que l’on aime ou pas Guillon (personnellement il me fait sourire – entre cyniques on se comprend – mais n’ayant pas la télé, je ne regardais pas ses chroniques), le problème ne réside pas tant dans ce fait divers que dans les raisons qui y ont conduit.

En effet, le bonhomme est bien connue pour son irrévérence, particulièrement à l’encontre de Vincent Bolloré, big boss (entre autres) du groupe Canal + et de son petit protégé, Cyril Hanouna (alias le mec qui fait survivre C8 à lui tout seul.)
Ce n’est pas la première fois qu’une telle histoire se produit et que Guillon est licencié sans cérémonial :

« En 2010, l’humoriste avait déjà vécu un limogeage extrêmement médiatique. Il avait été remercié de France Inter, tout comme le trublion Didier Porte. Un licenciement qui a été estimé « abusif » par la cour d’appel de Paris trois ans plus tard. »

Il est donc légitime de penser que son éviction est due aux propos que tient l’humoriste, comme lui-même le dit :

« La liberté de ton est une fois de plus le cœur du problème. Peut-on rire de tout et de tout le monde et s’arrêter quand cela touche aux intérêts du groupe qui vous emploie ? Je ne le pense pas, à moins de perdre toute crédibilité, de ne plus faire son métier. »

Plus encore, je dirais que le cœur du problème, c’est la liberté d’expression. A une époque où l’on défend fièrement les valeurs de la République et la liberté d’expression pour laquelle sont morts héroïquement les dessinateurs de Charlie Hebdo, il est tout de même paradoxal de licencier un chroniqueur qui a simplement le malheur de critiquer les décisions de son patron. D’autant plus lorsque parallèlement à cela, Hanouna, Némésis de Guillon, est protégé par la chaîne qui l’emploie malgré les multiples saisies du CSA, pétitions, plaintes, et j’en passe. Hanouna qui, je le rappelle, est régulièrement accusé (à tort ou à raison, vous êtes seul juge) d’homophobie, de machisme et d’humiliation publique.

La question que je me pose est donc la suivante : Si l’on vire quelqu’un pour avoir critiqué son patron, pourquoi garder un mec qui fait quotidiennement polémique quant à ses blagues souvent considérées comme douteuses ? Eh bien, la réponse est simple, mes enfants : Le pognon ! Selon cet article de Libération, l’émission Touche pas à mon Poste rapporte à elle seule 50 millions d’euros par an. Émission qui n’existe que grâce à Hanouna.

La leçon que je retiens de cette histoire, c’est qu’on peut tout dire et tout faire à condition de rapporter énormément d’argent. De plus, on pourrait penser qu’un humoriste resterait libre de rire de tout, mais visiblement, la réalité est quelque peu différente : il peut rire de tout SAUF de son patron. Et si vous pensez que ouiiiii, mais cracher dans la soupe c’est pas cool, tant pis pour lui, et tout, imaginons une situation où votre employeur vous vire parce que vous avez émis une critique quant à l’une de ses décisions que vous jugez contraire à l’éthique ou à l’intérêt des salariés. Je pense que vous seriez les premiers aux prud’hommes.

Bref, si vous êtes un fervent défenseur de la liberté d’expression et avez accroché à vos fenêtres ou sur votre mur Facebook des panneaux « Je suis Charlie », vous pouvez les arracher. Je crois qu’on s’est bien foutu de vous…

Le Syndrome Connard

Salut les Smourbiffs !

Premier article suite à la redirection de ce blog (voir cet article pour plus de précisions.) Aujourd’hui, nous nous attaquerons à ce que j’appellerai le Syndrome Connard. Vous y avez tous été confrontés, vous en avez tous été victimes (moi le premier, mea culpa, mea maxima culpa) tout cela sans même y penser. Prenons un exemple simple : Un film vient de sortir au cinéma. Vous êtes allé le voir et avez détesté. Sur internet, vous voyez des gens encenser ce film. Diantre ! vous dites-vous (oui, vous parlez comme ça, vous avez du style et du panache, même quand vous jurez). Diantre, donc, ces gens ont aimé une telle bouse ! Ils sont forcément stupides et ont des goûts de merde ! Allons de ce pas leur faire remarquer que je détiens l’absolue vérité et qu’ils sont trop cons pour savoir ce qui est bon ! Et aussitôt dit aussitôt fait, vous vous fendez d’une magnifique tirade parsemée d’insultes plus ou moins cachées. Immédiatement, ça ne manque pas, les gens vont venir se défendre (ce qui est bien normal.) Sauf qu’au lieu de se défendre en argumentant, en expliquant pourquoi ils ont aimé ce film, en vous questionnant pour que vous développiez votre point de vue, ils vont vous insulter et vous dire que si vous n’avez pas aimé, c’est que vous vous avez des goûts de merde, ne comprenez rien au cinéma ou bien que vous êtes trop stupide pour saisir le génie du film. Résultat des courses : Des insultes échangées, parfois sur des dizaines de commentaires, pour qu’au final, vous et vos adversaires campiez sur vos positions. Le débat aura été stérile, et vous aurez perdu deux heures de votre vie.

Vous pouvez inverser les rôles ou imaginer un autre contexte que le cinéma si vous préférez, mais le fait est qu’on a tous connu ce genre de situation et qu’on s’est tous prêté au jeu. Mais qu’aurions-nous pu faire pour sortir grandis de cet échange ? Je ne prétends pas apporter LA solution, mais imaginons qu’au lieu de descendre les gens qui ont aimé le film, vous descendiez le film en lui-même, avec arguments, et surtout : avec respect pour les gens qui eux, ont aimé ce film. A l’inverse, les valeureux défenseurs du film qui sont tombés à votre niveau (depuis tout à l’heure je dis « vous » mais c’est juste pour la démonstration, hein, je ne vous accuse pas directement. Même si je vous ai à l’œil, petits fifrelins…) ne valent pas mieux. Peut-être aurait-il mieux valu qu’ils répondent à vos provocations par un argumentaire construit défendant le film et en vous demandant d’étoffer vos propos, sans quoi votre discours ne vaut rien. Et là, à moins que vous ne soyez un troll des cavernes niveau 99, vous allez développer, ce qui amènera à une discussion qui sera peut-être enrichissante pour vous comme pour les autres. Peut-être vous direz-vous « ah oui, c’était pas si mal, tel ou tel élément, c’est vrai », ou peut-être eux se diront-ils « c’est vrai que ça et ça c’était assez maladroit, je ne l’avais pas vu. »

Pourquoi ce besoin constant d’écraser les autres, de les dénigrer, de les humilier, de se montrer supérieur ? Apporter une réponse précise est difficile, mais nous pouvons formuler des hypothèses. Est-ce la société qui nous façonne ainsi, à force de nous demander d’être de plus en plus compétitifs et impitoyables ? Peut-être sommes-nous tellement écrasés par le stress quotidien, par un job que l’on déteste et où on se sent dévalorisés, par notre sentiment d’impuissance face à l’actualité ou à la politique, que l’on ressent le besoin d’écraser les autres pour nous sentir exister ? Peut-être qu’on ne nous apprend plus suffisamment le respect ni l’esprit critique. Peut-être qu’on donne trop d’importance à l’ego. Peut-être aussi que l’anonymat fourni par internet donne du courage à ceux qui, autrement, n’oseraient pas s’affirmer. Ça peut sembler une bonne chose, et pourtant, la façon dont on s’affirme derrière son écran est souvent bien négative. Il ne s’agit pas d’oser exprimer son avis, mais de rabaisser les autres pour se sentir supérieur. Nul doute que si on pouvait manger un marron dans la tronche au travers d’un écran, les commentaires offensifs de ce genre se feraient bien plus rares (et oui, je viens de faire l’apologie du marron dans la tronche, et j’assume.)

Ce qui est paradoxal, c’est que si en apparence on cherche le conflit, on a aussi tendance à le fuir comme la peste (le conflit, hein.) Qui d’entre nous n’a jamais soigneusement évité de parler politique ou religion avec ses proches ? Qui n’a jamais masqué les publications d’un ami sur son réseau social parce qu’il partageait des idées opposées aux nôtres ? Quand il s’agit d’inconnus sur internet, pas de problème pour aller fièrement guerroyer, mais quand il s’agit de nos proches, on n’ose plus du tout l’ouvrir. Pourquoi ? Une discussion sur de tels sujet doit-elle forcément entraîner un conflit qui risquerait de briser une relation ? Là encore, pourquoi ne pas imaginer une discussion saine et empreinte de respect qui déboucherait, peut-être pas sur l’une ou l’autre partie qui changerait d’avis, mais au moins sur un enrichissement mutuel ? Même si on ne fait pas changer d’avis son interlocuteur, il est toujours bénéfique de comprendre pourquoi il raisonne ainsi et réciproquement.

Je sais que c’est une chose difficile à faire, car nous sommes dans cette dynamique qui veut que l’on écrase les autres sans chercher à se mettre à leur place, mais je vous propose un petit exercice. La prochaine fois que vous hanterez internet comme une âme en peine (et ne mentez pas, vous le ferez très rapidement, vils fripons !) avant de commenter quelque chose, essayez de vous mettre à la place des autres. Après tout, derrière ces pixels, ce sont des êtres humains, comme vous et moi, dotés des mêmes qualités et des mêmes défauts. Essayez de les questionner afin de les comprendre, essayez de vous justifiez à l’aide d’arguments pertinents plutôt qu’à grands coups d’insultes ou d’humiliation. Et avant de cliquer sur « envoyer », vérifiez que votre commentaire soit poli et respectueux, même envers les pires trolls des confis de la galaxie. Peut-être qu’internet ne sera pas une endroit plus agréable de manière perceptible, vu la vaste majorité de victime du Syndrome Connard, mais au moins, vous pourrez être fier de contribuer à améliorer la communauté à votre échelle. Sois le changement que tu voudrais voir dans le monde, comme l’a un jour dit Gandhi.

Si vous vous prêtez au jeu, n’hésitez pas à me faire part de votre expérience dans les commentaires. De même, si vous avez vos propres théories sur le pourquoi de ce manque de respect, ou sur les solutions possibles, n’hésitez pas à partager. Enfin, si vous êtes un troll des cavernes niveau 99, c’est aussi dans les commentaires que ça se passe, mais bon, quand même, c’est un peu triste, vous devriez faire quelque chose de votre vie.

Sur ce je vous laisse ; j’ai entendu des gens dire que le nouveau film La Momie était un chef d’œuvre incompris, je me dois d’aller leur faire remarquer qu’ils sont trop cons et qu’ils n’ont rien compris ni au cinéma ni à la vie !

Changement de direction

Salut les p’tits loups !

Voici un petit article pour annoncer un changement important dans la ligne directrice de ce blog (y’a pas, hein, je déteste toujours ce mot…) Récemment, je me suis demandé pourquoi tenir un blog. Les raisons sont multiples, mais la plupart du temps, il s’agit de partager, d’apporter quelque chose aux autres. Alors je me suis demandé (encore) ce que le mien, de blog, apportait à ses lecteurs. Plus important, je me suis demandé ce que moi je voulais apporter aux autres. Lorsque j’écris romans, novellas ou nouvelles, je cherche, hormis le divertissement, à inciter les lecteurs à réfléchir sur des sujets qui me tiennent à cœur et, grâce à la transposition dans d’autres univers, à tirer des conclusions sur le monde qui nous entoure, le tout en passant un bon moment.

Alors pourquoi ne pas faire pareil sur ce blog ? Pourquoi ne pas partager mes idées sur ce blog afin d’inciter les lecteurs à réfléchir et à se forger leur propre opinion sur tel ou tel sujet, le tout dans l’espoir peut-être un peu grandiloquent d’améliorer la communauté internet et, pourquoi pas même, l’espèce humaine, un individu à la fois ? Je ne donnerai aucune leçon de morale ni aucune ligne de conduite (ça c’est le job de l’église), je vous inviterai simplement à réfléchir par vous-mêmes sur des sujets qui me paraissent importants, avec pour but l’échange et la discussion en vue de l’un l’autre s’enrichir intellectuellement ou émotionnellement. Ce faisant, j’espère que vous comme moi en sortirons plus intelligents, plus instruits, ou plus heureux, même. Bref, que nous serons de meilleurs êtres humains. Ce qui n’enlèvera pas le côté cynique et ironique de ce blog, attention (après tout, c’est dans le titre, zut, quoi !)

J’essayerai de poster tous les mercredis, à voir si je tiendrai ce rythme. Si le concept vous intéresse, n’hésitez pas à vous abonner afin d’être tenu(e) informé(e) des futurs articles !

A bientôt, bande de gens !